La sauvegarde de la pie-grièche grise en Chaîne des Puys – faille de Limagne : un enjeu de biodiversité et de promotion des pratiques agricoles vertueuses

La Pie-grièche grise (Lanius excubitor) est une espèce protégée, inscrite « en danger » de disparition sur les listes rouges nationale et régionale avec une baisse des effectifs nicheurs de plus de 50% en 30 ans. Elle est inféodée aux paysages agricoles ouverts constitués d’une mosaïque d’habitats dont principalement des prairies bordées de haies et ponctuées d’arbres isolés, de buissons épineux, et de bosquets. C’est un oiseau au régime alimentaire variée, se nourrissant de petits insectes jusqu’au rat taupier en passant par de petits reptiles.  

Figure 1 : Pie-grièche grise © R. Riols – LPO AuRA

Auparavant présente sur la quasi-totalité de territoire Français, l’aire de répartition de cette espèce s’est rétrécie en même temps que le recul de l’élevage face au grandes culture suite au remembrement agricole d’après-guerre. Aujourd’hui, plus de 90% de la population de Pie-grièche grise se trouve dans le massif central. En Auvergne, elle a disparu des plaines et s’est réfugiée sur les parties collinéennes et montagnardes. 

Figure 2 : Aire de répartition de la Pie-grièche grise en France au cours des 50 dernières années

La chaine des puys abrite une des dernières populations nicheuses de Pie-grièche grise en France. Cela confère donc au territoire une très forte responsabilité pour tenter d’enrayer le déclin de l’espèce au niveau national. 

Figure 3 : Aire de répartition de la Pie-grièche grise dans le massif centrale entre 1985 et aujourd’hui

La LPO AuRA, en partenariat avec les agriculteurs et agricultrices, mène depuis de nombreuses années des actions en faveur de l’espèce. Un suivi est assuré chaque année par les ornithologues bénévoles de la LPO ainsi que par les salariés afin de suivre la dynamique de la population reproductrice. Ainsi, en seulement 5 ans, la population reproductrice estimée est passée d’une trentaine de couples à seulement 18 en 2025. 

Figure 4 : Dynamique de la population nicheuse de Pie-grièche grise de la chaîne des puys

Afin d’enrayer ce déclin, les élevages volontaires sont accompagnés par le groupement technique des vétérinaires AuRA et la LPO afin d’adapter l’utilisation de traitement antiparasitaires et ainsi diminuer la rémanence de ces toxines dans les bouses et la chaîne alimentaire de la Pie-grièche grise. Les élevages sont aussi accompagnés pour restaurer des prairies naturelles, favorables aux insectes et donc à la Pie-grièche grise. Enfin, la LPO rencontre chaque année les agriculteurs et agricultrices pour les sensibiliser aux enjeux liés à cette espèces. 

Seule manquait la restauration de l’habitat même de nidification de la Pie-grièche grise : les haies et bosquets. C’est ainsi qu’en 2025, la Fondation de la chaîne des puys et faille de la Limagne s’est engagé auprès de la LPO AuRA pour recréer plus de 4km de linéaire de haie en faveur de la Pie-grièche grise. Outre les bénéfices apportés pour la Pie-grièche grise et toute la biodiversité, les haies sont aussi bénéfiques pour l’agriculture. En effet, ces linéaires limitent l’érosion des sols, captent l’eau de surface, régulent le microclimat de la parcelle, font effet brise vent, offrent de l’ombrage et du fourrage au bétail, apportent de nombreuses espèces auxiliaires de culture, stockent le carbone, fournissent du bois énergie etc… Une belle preuve que nature rime avec agriculture. 

Figure 5 : Chantier de plantation de haies au GAEC des Quaires réalisé grâce au financement de la fondation de la chaîne des puys faille de la Limagne

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